Discussion à propos d’Enercoop

Un des 5 points sur lesquels l’équipe de DEMAIN suggère une action simple, individuelle, à la portée de chacun, c’est de choisir un fournisseur d’énergie renouvelable et elle suggère de basculer des fournisseurs traditionnels vers ENERCOOP.

Il y a des informations très précieuses envoyées par Isabelle sur ce point et qui soulèvent en particulier les limites politiques d’un tel changement difficilement généralisable du fait que cela a un coût que tous ne peuvent supporter.

Suite à ces échanges et sans qu’une réunion formelle se soit positionnée sur ce point,  il semble envisageable d’avancer une position 2035 sur cette question du changement de fournisseur d’énergie.

Certes le développement d’énergies renouvelables est en fait financé par une taxe imposée sur les factures de tous les fournisseurs y compris ceux qui produisent de l’énergie non verte et donc par un abonnement à quelque fournisseur que ce soit, on contribue au développement des énergies renouvelables.

Cependant Enercoop apparaît comme un fournisseur, un distributeur plus « vert »du fait de son caractère associatif et de son action en faveur des petits producteurs de proximité. A ce titre, il pourrait être éligible pour nous.

L’autre approche de cette question, plus ambitieuse, mais plus décisive, c’est celle de la production d’énergie de proximité et renouvelable. C’est un des dossiers sur lequel il serait souhaitable d’avancer.

Isabelle

« J’avais été tentée par Enercoop il y a un an environ. Avant de franchir le pas j’avais tourné et retourné la question (on ne se refait pas).

Et finalement, je suis restée chez EDF pour la raison qui est fort bien expliquée dans le document joint.

Il s’agit d’un document rédigé par Attac. Je ne partage pas forcément toutes les justifications développées dans ce document.

En revanche il en est une à laquelle j’adhère absolument qui m’a fait renoncé à Enercoop. C’est l’argument qui explique que lorsqu’on paie sa facture EDF on paie la CSPE qui est une participation à la production d’Energie Renouvelable. Pourquoi alors payer plus cher chez Enercoop qui ne PRODUIT PAS mais ne fait que vendre. Par ailleurs ce qu’on paie n’est pas ce qu’on consomme. On paie de l’énergie « verte », on consomme ce qui nous est livré par ERDF, à savoir un mélange un cheval une alouette. L’idée de produire de l’électricité me satisfait plus que de participer à une dérégulation boboïsée.

“Enercoop est une coopérative de statut SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) qui s’est créée en 2005 et commercialise de l’électricité produite à base d’énergies renouvelables (ENR), hydraulique, éolien, solaire,… Enercoop ne produit (jusqu’à présent) aucune électricité mais est un simple intermédiaire qui l’achète à des producteurs « verts » et la revend. Le prix de l’électricité y est plus cher, Enercoop explique que ce prix repose sur la réalité du coût d’approvisionnement. Les usagers qui décident de se fournir chez Enercoop le font sur une base d’engagement écologiste pour soutenir l’électricité « verte », en favorisant une coopérative, donc un objectif étranger à la recherche de profit. Malheureusement cet engagement, aussi estimable qu’il soit, n’entraîne pas le soutien escompté aux ENR.” […] “Rappelons ce qu’est la CSPE. Les opérateurs historiques sont obligés d’acheter l’électricité verte à un tarif d’achat (voir plus haut) qui est plus élevé que le tarif régulé auquel ils la revendent ensuite aux usagers. C’est à dire que ces opérateurs supportent une contrainte qu’aucun autre fournisseur ne supporte, à savoir l’obligation d’acheter au prix fort l’électricité verte produite, et de la revendre au tarif régulé… qui est plus faible. Il s’agirait donc d’une obligation de vente à perte. Il est prévu un mécanisme correcteur à cela, qui passe par la CSPE. Cette CSPE est une contribution payée par tous les consommateurs – elle figure en bas de toute facture d’électricité – et elle est versée à ces opérateurs. Son montant est calculé par la CRE (Commission de régulation de l’énergie) et versée aux opérateurs historiques pour compenser le manque à gagner qui résulte de l’obligation d’acheter l’électricité verte et de vendre au tarif régulé. Ces opérateurs historiques ne « bénéficient » pas de la CSPE comme d’une subvention, mais reçoivent une compensation pour l’obligation qui leur est faite, de manière à ce qu’elle ne se traduise pas par une obligation de « vente à perte ». Ce sont tous les usagers qui financent l’électricité verte, et pas plus les abonnés d’Enercoop que les autres. Pardon de le dire un peu rudement, ces derniers paient plus cher que les autres usagers pour la satisfaction de s’approprier des électrons verts qui de toute manière auraient été produits et distribués sans eux”

“La bonne méthode repose plutôt à mon avis sur l’idée de coopératives de citoyens qui au niveau local, mettraient quelques fonds en commun (par exemple les surcoûts qu’il sont prêts à payer auprès d’un fournisseur d’électricité verte) pour investir et produire de l’électricité verte, 

dans un cadre de planification concertée entre tous les acteurs concernés. Celle-ci voyagerait le moins possible dans les fils pour être consommée localement, ce qui est la seconde condition pour être vraiment verte. Elle serait vendue à l’opérateur historique dépositaire du service public et non directement à des usagers. Deux raisons à cela : – la vente aux opérateurs historiques se fait au tarif d’achat fixé, ce qui garantit de toute façon un bon rendement du projet, et l’objectif de ce type de projet n’est pas la recherche du profit. – l’électricité verte produite par la coopérative et achetée par l’opérateur historique peut ensuite être revendue aux usagers au tarif régulé, qui est le plus favorable pour les usagers, et dans tous les cas, dans le système actuel, l’électricité verte est payée par tous.”