Dialogues agricoles

La notion de « village » a changé de manière radicale au cours des 10 dernières années. J’ai récupéré, grâce à Michel Doutreluigne, un film qui avait été tourné à Préciamont au tournant de la dernière guerre.

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On y voit tout un village qui travaille pour la ferme.

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On y voit une fête à laquelle participent des dizaines de personnes à l’évidence employées de la ferme. Aujourd’hui ces mêmes villages font partie de ce que Christophe Guilluy analyse fort bien – dans son ouvrage éponyme – comme étant « la France périphérique ». Y vit à côté des habitants traditionnels une population de rurbains (des urbains vivant ailleurs qu’en ville) et les modes de vie se rapprochent et s’homogénéïsent. On peut dire que le « village » se définit principalement comme un lieu d’habitation. Habiter est une des fonctions vitales qui s’y maintient, les autres – comme la socialité, les loisirs, la fête, la formation, l’activité économique (autre que l’agriculture), le commerce, etc. – n’y sont pas ou plus. En parallèle du fait des mêmes facteurs d’évolution, le monde agricole a changé. Autour de ce « lieu d’habitat groupé » auquel se ramène Préciamont comme tant d’autres villages, les « champs » sont en fait une « zone d’agriculture industrielle » et la « forêt » … une mine d’exploitation industrielle du bois. C’est cette situation dont nous ne pouvons nous accommoder, ce sont ces autres fonctions collectives que nous souhaitons recouvrer dans le village. Nous ne sommes pas naïfs au point de croire que ces tendances profondes de la société contemporaine, globalisée et techniciste changeront par un coup de baguette magique. Mais nous croyons que la réflexion, l’information, l’initiative sont des jalons très importants pour qu’un changement soit possible et que la situation écologique et sociale l’imposera. Et nous avons la conviction que cela doit en particulier conduire à chercher les voies du dialogue entre les acteurs de cette vie locale. Celui-ci a commencé du fait des projections de films autour de l’environnement que nous avons montées depuis 2 ans avec Vincent au cinéma les Clubs à Villers Cotterêts. Il s’est poursuivi par des discussions informelles avec Marc, exploitant à Préciamont, autour de ces questions des traitements, des performances de l’agriculture industrielle et de l’agriculture bio et artisanale. Des discussions avec aussi plusieurs autres acteurs autour de la question d’une terre pour un maraîcher ou un verger de village ont aussi commencé. Le collectif permet ces amorces de dialogue. Ce n’est pas rien. Il n’y a pas si longtemps que j’ai entendu quelqu’un me dire : mais ici, on ne parle pas facilement… Nous envisageons d’ouvrir aussi le même espace de discussion avec les exploitants forestiers. Nous nous proposons d’en tenir la chronique dans ces pages.