Gestion participative

Est-ce qu’il est possible de mettre en place des choses autrement qu’en réponse à un conflit? L’histoire de la conquête de la mairie de Saillans (1200 habitants) est exemplaire. « Lʼhistoire singulière de la «municipalité participative» de Saillans a commencé en 2013 par une âpre bataille contre la volonté du maire MoDem dʼalors, François Pégon, dʼimplanter un supermarché Casino à un gros kilomètre du centre du bourg, pourtant bien doté en petits commerces.

saillans Manifestations avec poussettes et chariots, pétition rassemblant 800 signatures : lʼenseigne de grande distribution jette lʼéponge. Fort de cette victoire, un cercle dʼhabitants se lance un défi : se mobiliser pour les municipales à venir. Une première réunion publique, «sans programme ni candidat», réunit 120 citoyens ! Soit 10 % du village… » Après la méthode est assez simple, même si elle a du demander pas mal d’habilité et même si elle ne manque pas d’être surprenante. « Organisés en groupes thématiques, dossier par dossier, ces engagés volontaires diagnostiquent les besoins de leur commune. Lors dʼune deuxième assemblée, ils ébauchent lʼossature dʼun programme pour une liste de candidats à la mairie. «On débat sans entraves : quelles sont les qualités dʼun futur maire ?», raconte Tristan Rechid. Emerge alors le nom de Vincent Beillard, 41 ans, veilleur de nuit dans un centre pour adultes handicapés, jugé le plus apte à animer une
équipe au service du collectif. Il apprendra sa désignation par mail, à lʼissue de la troisième réunion publique… » Et ça marche. « Au soir du premier tour, le 23 mars2014, la liste citoyenne Autrement pour Saillans… tous ensemble lʼemporte sans appel, avec 56,8 % des voix pour une participation de 80 % des électeurs. La nouvelle équipe décide aussitôt dʼouvrir les portes de la mairie. Par choix ou compétence, pas moins de 250 volontaires sʼinscrivent à sept commissions prioritaires, décidées pendant la campagne électorale. Ces «groupes action-projet» (GAP) planchent sur lʼécole et ses nouveaux rythmes, la rivière Drôme, la
circulation, les parkings, le lien social, la santé, la salle des fêtes. A lʼégal du maire et de sa première adjointe, Annie Morin, les conseillers travaillent en binômes. Un «conseil des sages», auquel Tristan Rechid appartient, veille au respect de lʼéthique du projet: transparence, collégialité et participation, le nouveau triptyque des Saillansons. » Bon, ça donne des pistes…