Quelle agriculture pour demain?

La réunion avec Jacques Caplat a été un vrai succès, une bonne soixantaine de personnes avaient trouvé le chemin de la salle des fêtes de Marolles à l’inititative de Réka et Karim de l’Amap « le Cabaret des Oiseaux » de Marolles. Difficile de résumer en quelques lignes un propos à la fois subtile et nuancé, riche d’une expérience de terrain très importante. La conférence donnait vraiment envie de se précipiter sur le livre qu’il a co-écrit avec Pierre Rabhi.

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Bien que l’agriculture conventionnelle continue à être le modèle défendu par la puissance publique et bien que tout l’appareil économique et législatif soit mis à son service de manière très déséquilibrée, l’agriculture biologique progresse régulièrement. C’est une bonne nouvelle ! Jacques Caplat appelle à créer par tous les moyens un rapport de force pour peser politiquement contre ce déséquilibre sans pour autant se tromper d’ennemi en faisant des agriculteurs les boucs émissaires de ce mouvement global. La position juste est plutôt selon lui de trouver les moyens d’aider les agriculteurs eux-mêmes à trouver le chemin d’une évolution de leurs approches en particulier en établissant le fait que l’agriculture conventionnelle n’est ni une fatalité ni la seule voie possible pour produire. Le lobbying d’Agir pour l’environnement dont il est, comme Karim administrateur depuis de nombreuses années, fait partie des outils utiles dans cette perspective. La forte proportion de projets d’exploitations différentes chez les jeunes qui se forment dans les écoles d’agriculture est aussi un signe de changement. Comment nous situer dans cette perspective ? En entendant cette conférence, on retrouve toutes les pistes que le film Demain posait et que nous avons envie de frayer avec le collectif – s’engager dans un changement progressif mais urgent, s’inscrivant à la fois dans le temps long des 20 prochaines années et dans le présent. Cela veut dire entre autres : développer une information sur ces questions, s’engager dans des actions qui pèsent sur le rapport de forces actuel, changer nos modes de consommation, changer la composition de notre alimentation (moins de viande, plus de légumes, etc.), mettre en place des modes de production locaux, bio, favoriser l’achat de terre pour cette nouvelle agriculture à travers Terre de liens , recréer des rapports entre citoyens et monde agricole, développer une approche sociale et économique plus juste du monde agricole qui est la clef de l’alimentation et donc d’une partie vitale de ce que nous sommes physiquement, socialement et culturellement.