Un centre de méthanisation à La-Ferté-Milon ?

Un projet de création d’une unité de méthanisation est en cours à La Ferté Milon dans l’espace attenant à l’endiverie, rue Saint-Lazare. Le remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables est une nécessité qui n’est plus à argumenter. Mais comme on le sait « le diable est dans les détails » et quand il y a problème, c’est la plupart du temps dans la manière dont certains de ces projets – souhaitables en soi, qu’il s’agisse d’éoliennes, de panneaux solaires ou de méthaniseurs – sont menés. La création du Collectif National Vigilance Méthanisation et les travaux du Conseil Scientifique National pour une Méthanisation raisonnée en sont le signe et la manifestation de la nécessaire organisation d’une réaction face à ces projets. Le projet de la Ferté Milon pose un problème du fait de la proximité des habitations. Bien sûr la distance légale d’une telle installation par rapport aux habitations est légalement de 50 mètres – et l’habitation la plus proche se trouvera à … 53 mètres – mais est-ce que cela retire quelque chose aux problèmes que l’implantation de cette unité de méthanisation va poser aux riverains et est-ce que l’implantation de méthaniseurs en ville est un choix cohérent en termes d’aménagement du territoire? On peut se demander si les conditions de sécurité et le contrôle des nuisances telles qu’elles sont décrites dans le dossier soumis à agrément – puisqu’il s’agit d’une installation classée soumise à déclaration – sont correctement évaluées, anticipées et respectées. Il est extrêmement difficile de rentrer dans les débats techniques, mais on sait par exemple que sur un site où il y a eu des problèmes d’incendie, les pompiers ont créé une zone de sécurité de 200 mètres autour du site, ce qui inclut dans le cas du projet de La Ferté Milon un nombre important d’habitations et de populations qui ne sont pas prises en compte réglementairement dans le dossier. Et dans tous les cas, il reste néanmoins 2 problèmes majeurs : les odeurs (en plus des déchets d’endives, il y aura par exemple 1500 tonnes de pulpe de betterave stockées en plein air) d’autant plus préoccupantes que les vents dominants – soufflant du sud-ouest – pousseront les odeurs vers les habitations – et le bruit (70dB en permanence et 60dB toute la nuit, avec la distance cela devrait d’après les porteurs de projet aboutir à 42dB). Le 3ème problème structurel est celui de la circulation des camions. Il faudra quelques milliers de camions pour faire transiter les 24.000 tonnes de matières (déchets puis digestat) qui entreront et sortiront de l’unité – les 12000 tonnes de déchets d’endives n’entrant pas dans ce calcul puisqu’elles viendront du site lui même . Ce problème ne concerne pas seulement les riverains immédiats, il touchera aussi bien les populations qui sont incommodées par le trafic déjà très intense à La Ferté Milon et les collectivités locales qui ont à entretenir ce réseau mis à mal par la circulation. Enfin le dernier problème majeur pour les riverains est celui du préjudice qu’entraine sur le plan de la valorisation immobilière une installation industrielle qui repousse les acheteurs potentiels de logements situés à proximité de ce type d’installations. L’émoi est grand dans la population et les riverains les plus proches sont partagés entre consternation et colère. Tous ceux qui le souhaitent peuvent réagir au projet consultable en ligne sur le site de la préfecture de l’Aisne en participant jusqu’au 20 mars à la consultation soit à la mairie de La Ferté Milon soit en envoyant leurs réactions à l’adresse ddt-participation-public-icpe@aisne.gouv.fr. Il est aussi possible de signer la pétition et l’envoyer à l’adresse du collectif qui transmettra au collectif des riverains.