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Eclairage sur le projet de poulailler de Cœuvres – sa logique et ses manques

Deux versions possibles d’un élevage de poules pondeuses…

    

Hélas, le projet est plutôt du côté de la seconde que de la première image…

Nous avons pris contact avec l’agriculteur porteur du projet de Cœuvres et il a accepté le dialogue. Pour éclairer cet échange et  les raisons de la position à laquelle l’Association de Sauvegarde de la Vallée Sereine est parvenue et à laquelle nous nous associons – déposer un recours contre le permis, on pourra lire ci-dessous la lettre que l’Association Sauvegarde de la Vallée Sereine et le collectif 2035 lui avons adressée.

 » Monsieur,

Même si la différence de position conduit à des démarches antagoniques, nous continuons à croire en la valeur du dialogue et c’est pourquoi nous nous félicitons des échanges que nous avons eus avec vous et nous tenons à vous informer de la démarche que nous avons mise en œuvre avant même que vous n’en soyez saisi officiellement.

Sur le fonds nous partageons le bilan négatif que vous tirez des politiques agricoles des années passées qui ont conduit en particulier au « tout céréales », mais les déclencheurs de nos jugements respectifs ne sont sans doute pas les mêmes : de votre côté la baisse des cours des céréales, du nôtre la mise en cause d’un gigantisme et d’une financiarisation de l’agriculture qui conduisent inévitablement à son industrialisation et à des méthodes de moins en moins respectueuses du vivant. L’échec des plans de réduction des traitements phytosanitaires en est l’exemple le plus patent.

De même si nous partageons votre volonté de chercher des solutions intelligentes dans des démarches relevant des modèles d’économie circulaire (consommation locale de la production de céréales pour un élevage et utilisation locale des engrais naturels produits par l’élevage), là encore les déclencheurs diffèrent. C’est le tonnage d’engrais déterminé par l’échelle à laquelle vous situez votre exploitation (600 ou 800 tonnes de fiente) qui va déterminer le dimensionnement de votre élevage (40.000 poules). L’approche reste homogène à des échelles industrielles qui s’avèrent décidément toujours hors de proportion avec celles des équilibres environnementaux.

C’est sans doute sur ce point que la divergence de perception est la plus grande. Cette approche est de fait à échelle industrielle et ne sort pas de l’industrialisation et de la financiarisation de l’agriculture. Elle s’ouvre simplement à une diversification. C’est sans doute pourquoi de la même manière que nous avons vu les campagnes prendre la forme des cultures industrielles que nous lui connaissons et avoir la puissance et la fragilité que vous constatez vous même aujourd’hui, nous assistons à la multiplication des projets de poulaillers industriels qui vont transformer l’environnement de manière tout aussi drastique que le « tout culture » l’a fait – avec d’autres altérations profondes et durables du milieu.

Ce sont ces bases-là et la perspective de nouveaux dégâts à venir qui motivent notre démarche.

Et c’est pourquoi nous ne pouvons qu’être extrêmement attentifs à la prise en compte des détails environnementaux dans les projets qui se font jour et à la réalité des engagements pris sur ceux-ci.

Vous nous avez dit votre souci sur ce point et que vous aviez modifié votre projet dans ce sens. Nous ne mettons pas en cause votre parole mais force nous est de considérer qu’elle n’engage que vous au moment où vous le dites et cela ne constitue en aucune manière un engagement suffisant pour l’environnement. Et c’est pour cela que le dossier public qui est le seul qui a servi de base officielle à l’instruction de l’autorisation de votre projet ne donne pas actuellement les garanties de respect des aspects environnementaux incontournables. Nous ne pouvons que le mettre en cause.

Le fait que votre projet ne soit pas packagé par un des opérateurs des filières de l’agro-business de l’élevage nous semble une chance pour que la situation puisse évoluer dans un sens plus conforme à un avenir soutenable.

Nous ne sommes pas des donneurs de leçon, mais comme la notion « d’échelle humaine » ne semble pas recouvrir la même chose pour vous et pour nous, nous nous permettrons encore quelques réflexions :

– même si formellement la taille du terrain est proportionnée aux 40.000 poules envisagées, comment croire à une répartition égale de celles-ci à proximité sur celui-ci alors qu’elles ne seront hébergées que dans un bâtiment unique, gigantesque ?

– comment un bâtiment unique et ses silos ne contribueront-ils pas au dessin d’un paysage encore un peu plus industriel ?

– comment ne pas s’inquiéter de l’augmentation des risques sanitaires quand on regroupe en un seul lieu autant de sujets ?

– comment croire à une absence de nuisances ?

– un éleveur bio de poules nous faisait part de son expérience et de sa capacité à dégager un smic pour une personne avec 400 poules intégrées dans une exploitation qui fait place par ailleurs à de la polyculture. Bien sûr il faudrait rentrer dans l’analyse détaillée de ces chiffres, mais cela se rapproche davantage de la notion de taille humaine que le chiffre de 40.000 – dont nous vous concédons volontiers qu’il est moins inhumain et démesuré que celui des élevages bretons pouvant atteindre 400.000 poules, lesquels sont d’ailleurs entrés en crise.

Nous savons que notre démarche ne peut être ressentie que comme un obstacle à vos projets. Notre position dans la société civile ne nous met pas à l’écart des préoccupations économiques et nous savons que vos choix intègrent des contraintes de ce type, mais la prise en compte de perspectives plus longues, moins court termistes, commence à être reconnue par de plus en plus d’acteurs économiques.

Et si nous sommes préoccupés d’environnement, c’est sans doute aussi parce que celui-ci se révèle de plus en plus clairement comme une juste boussole pour prendre les bons caps d’un avenir soutenable.

Avec nos meilleures salutations. »

 

Lettre au Préfet de l’Aisne.

Le Collectif 2035 a fait parvenir cette lettre au Préfet de l’Aisne

Monsieur le Préfet,

Le collectif 2035, très soucieux du projet de poulailler industriel à Cœuvres-et- Valsery, vous prie de bien vouloir prendre en considération les points suivants :

1) Le permis de construire a été voté et attribué sans la présentation de l’évaluation environnementale qui était demandée par les services de la Dreal. Il est curieux que les services de l’unité ICPE de la DDT de la préfecture aient émis un avis favorable sur ce permis (17 août 2017) alors que la consultation publique n’avait pas eu lieu et que l’Autorité environnementale soumettait quelques jours après (21 août 2017) ce projet à évaluation environnementale.

2) Les conseils municipaux des communes concernées par les épandages se sont prononcés contre ce projet.

La proximité du Rû de Retz et la forte pente en limite du terrain du parcours des poules, propice au ruissellement vers le village, inquiète quant à la pollution de ses eaux et des terres en aval qui pourra facilement atteindre la ZNIEFF de la vallée du Rû de Retz et de ses affluents.

3) Le contenu du dossier qui a été soumis à la consultation du public ne correspond pas à ce qui est annoncé par M. Pamart dans sa lettre publique. Le dossier présenté en Mairie n’est donc pas le dossier final et est à ce titre incomplet. De plus, il ne comprend pas l’évaluation environnementale que ce projet nécessite.

4) La pétition initiée par le collectif 2035 et des habitants de communes concernées a reçu 38 000 signatures, ce qui montre à quel point la population est sensible aux problèmes de ce type d’élevage : antibiotiques, concentration d’un grand nombre d’animaux dans un petit périmètre, risque de pollution des nappes phréatiques et des rivières, épidémies dont on entend fréquemment parler.

5) Les normes nationales et européennes semblant devoir évoluer vers des élevages de moindre ampleur, il est nécessaire d’adapter les créations nouvelles à des perspectives pérennes, et de ne pas se précipiter pour enraciner un modèle qui deviendra prochainement obsolète et non viable.

6) Pour ces raisons, et d’autres figurant dans la pétition initiale, nous demandons l’ouverture d’une enquête publique.

En vous remerciant de votre attention, nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, en l’expression de notre considération distinguée,

Le collectif 2035

 

Projet d’élevage de poules pondeuses, à Louatre (02600)

Un autre projet d’élevage de 40 000 poules pondeuses a été déposé fin 2017. Tout à fait semblable à celui de Cœuvres, il fait l’objet d’un  avis relatif à l’ouverture d’une consultation publique sur la demande en vue d’exploiter un élevage de 40 000 poules pondeuses à LOUATRE et épandre les effluents issus de l’élevage sur 9 communes.

La consultation  du public est ouverte du 19 février au 20 mars 2018, à la mairie de Louatre, et sur le site de la préfecture. Les observations peuvent être adressées au Préfet de l’Aisne, par courrier, ou par mail (détails ici)

Le dossier complet est ici (format PDF)

 

Tous au compost

 

Tous au compost est un évènement national annuel qui valorise la pratique du compostage de proximité des déchets organiques :
– le compostage domestique (composteur individuel, lombricomposteur…),
– le compostage partagé (en immeuble, quartier, plateforme collective…),
– le compostage en établissement (restauration collective, restaurants, cantines…).

Les bénévoles, les référents de site ou des guides composteurs, les collectivités, les citoyens… Chacun peut proposer une animation autour d’un site de compostage pour informer, sensibiliser, convaincre, développer la pratique du compostage de proximité et la gestion de proximité des biodéchets. Cela peut être une animation, une exposition, une conférence, un compost’tour, une distribution de compost ou de composteur, une formation, etc.

Plus d’informations sur https://www.semaineducompostage.fr/

Lettre ouverte à M. le Préfet de l’Aisne

À l’attention de M. Nicolas Basselier, Préfet de l’Aisne.
Monsieur le Préfet,

Nous avons pris connaissance du projet de M. Alexandre Pamart, pour établir un élevage de 40 000 poules pondeuses sur la commune de Cœuvres-et-Valsery.
Le dossier qui a été déposé en Mairie nous semble décalé puisqu’une mise en observation correspond à l’ouverture d’une installation classée. Or il est indispensable qu’une étude environnementale soit établie par le porteur de projet, ce qui a d’ailleurs été demandé par courrier à M. Pamart le 21 août dernier (cf pièce jointe).
Parmi les points qu’une telle étude devrait élucider, ce sont tous les aspects relatifs aux médicaments et antibiotiques qui ne manqueront pas d’être administrés aux animaux, avec l’impact probable sur l’environnement. L’épandage sur les terres alentour, dans une zone sujette à des coulées de boues, risque d’avoir des conséquences sur la zone du Ru de Retz, et ses marais, riches en plantes et animaux sauvages.


En conséquence, nous demandons à ce qu’une information plus précise sur ce projet soit donnée aux habitants des villages concernés. Il existe déjà plusieurs élevages équivalents dans la région proche, et il nous semble que la taille de cette exploitation ne correspond plus aux demandes des consommateurs, en qualité des produits et en impact sur l’environnement.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de nos sincères salutations.
Le Collectif 2035

Projet d’élevage de poules pondeuses à Cœuvres-et-Valsery

REACTIONS AU PROJET D’ÉLEVAGE DE POULES PONDEUSES  À CŒUVRES-ET-VALSERY ET DANS LA RÉGION

Lettre-pétition

Des habitants de Cœuvres-et-Valsery et des communes alentour se disent concernées par le projet de poulailler envisagé au Murger à Coeuvres-et-Valsery.

Le collectif 2035 rejoint leur préoccupation.

Ils souhaitent s’adresser au promoteur de ce projet pour qu’il ouvre un débat et reconsidère les points qui leur semblent problématiques dans ce projet.

  1. Le projet prévoit 40.000 bêtes. Bien que soit posé le principe d’un élevage de « poules en plein air » – bien sûr préférable à un élevage en batterie – la quantité envisagée  est disproportionnée par rapport à cette qualité.
  2. Le terrain de parcours présente une surface « aux normes » mais le nombre de poules rend de fait ces normes peu crédibles puisque le terrain devient trop vaste pour être réellement parcouru par les poules.
  3. La surface d’élevage du local prévu (2008 m2) ne permet pas l’hébergement de 9 poules au m2, seuil limite de la norme dite «plein air». Elle logera presque 20 poules au m2, ce qui dépasse de 25 % le niveau habituel des élevages en batterie que l’on veut éviter.
  4. Le nombre de bêtes cohabitant oblige au recours systématique aux antibiotiques, qui se retrouveront dans les fientes, donc dans les terres. Il en va de même de virus (salmonelles et autres).
  5. L’épandage de produits pharmaceutiques et de possibles virus dans des terres fréquemment lessivées par les fortes pluies et parfois à la limite de l’inondation induit un déversement de ces matières dans les vallées et dans les villages où l’on a vu maintes fois des rivières de boues dévaler des plateaux.
  6. Leur définition comme « matière sèche » n’est pas convaincante de ce fait. Aussi bien, en cas de sécheresse persistante, elles se volatiseront pour partie dans l’air ambiant, puisqu’elles seront enfouies à peu de profondeur.
  7. La surconcentration de volailles présente des risques accrus d’épidémies, comme il a été dit et répété lors de l’ancienne crise de la « grippe aviaire », et encore en 2017 dans le sud-ouest avec les élevages de canards.
  8. Ces crises sanitaires obligent fréquemment à sacrifier massivement les élevages dans de vastes régions, les plus gros élevages menaçant la viabilité de tous les autres par crainte d’épidémie et mesures d’éradication préfectorales. Ces calamités ont un coût considérable pour les éleveurs et pour les fonds publics.
  9. Un très grand nombre de distributeurs et de transformateurs se sont engagés à ne plus se fournir en œufs de batterie (c’est déjà effectif pour nombre d’entre eux, et à plus ou moins brève échéance pour les autres). A terme, il est clair que des « œufs plein air » qui ne le seraient pas réellement ne trouveront pas de débouchés.
  10. Des distributeurs d’œufs recherchent des sites où implanter des élevages « plein air » : la quantité optimale admise est de 8000 volailles.
  11. Le fait que des projets approchant sont annoncés dans d’autres communes peu éloignées amène la question de l’effet de nombre de ces exploitations, qui démultiplie les effets et les risques de chacune d’entre elles en menaçant de transformer le secteur en dépôt concentré de ces problèmes.
  12. Il est peu probable que l’automatisation du système génère spécialement des emplois.

En conclusion nous demandons que soit déclarée une enquête publique, pour que l’information circule mieux auprès de l’ensemble des communes concernées ; nous invitons le promoteur de ce projet à convenir d’une réunion d’information et d’échange pour en discuter.

Le Collectif 2035

Lien vers le dossier complet :  aisne.gouv.fr.

Réaction au projet, à envoyer par mail à l’adresse

ddt-participation-public-icpe@aisne.gouv.fr

Lettre de réponse de M. Alexandre PAMART, agriculteur porteur du projet (format PDF)

Qu’est-ce qu’on attend?

Ce pourrait être une incitation à l’action, un étonnement … voire un reproche. C’est un titre de film réalisé par Marie-Monique ROBIN. Le film DEMAIN posait déjà cette question implicitement puisqu’il montrait d’autres possibles en action. Mais on était du côté de la thèse, de l’enquête, de la démonstration. Ici on est à la fois plus modeste – ce changement en train de se faire n’a pas la planète pour cadre, mais une petite ville d’Alsace de 2 200 habitants – et plus incitatif : le changement, c’est possible, ici et maintenant, à une échelle même très locale et il peut toucher tous les domaines.

Dès 2009 l’initiative de la municipalité d’Ungersheim prend la forme d’un programme de démocratie participative, baptisé « 21 actions pour le XXI ème siècle » qui englobe tous les aspects de la vie quotidienne : l’alimentation, l’énergie, les transports, l’habitat, l’argent, le travail et l’école. « L’autonomie » est le maître mot du programme qui vise à relocaliser la production alimentaire pour réduire la dépendance au pétrole, à promouvoir la sobriété énergétique et le développement des énergies renouvelables, et à soutenir l’économie locale grâce à une monnaie complémentaire (le Radis). On peut consulter ici la bande annonce du film.

 

une réforme du code minier présentée à l’Assemblée nationale, en catimini

Les 17 et 18 janvier prochain à l’Assemblée Nationale va être discutée une proposition de loi concernant une réforme du code minier. Certes, ce texte ne pourra pas être voté avant la fin de la mandature. Mais il n’y a pas extinction lors du renouvellement de la chambre des députés. Ce qui aura été accepté pourra être repris par les nouveaux députés. Il est évident que les industriels pétroliers ou miniers souhaitent une simplification des procédures leur permettant d’obtenir le droit d’extraire les ressources du sous-sol à leur profit, sans aucune prise en compte des recommandations de l’accord de Paris (Cop 21), sans aucun questionnement sur l’utilité d’extraire des ressources non renouvelables.
L’extractivisme est sans aucun doute à questionner dans la perspective d’une transition, de 2035.
Un décryptage du texte de la proposition de loi est disponible ici cm-fiches-dec2016-ok
ainsi qu’une campagne de cartes postales « pétition » à envoyer à nos députés avant le 10 janvier… à vos imprimantes! Pour comprendre l’enjeu de cette campagne de cartes postales: _La sale mine du future code minier Couleur

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ou en noir et blanc: carte_1_NB

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« Faire le pari d’autres possibles »vendredi 16 déc.2016 20h30 MJC Crépy en Valois

Le vendredi 16 décembre 2016 à 20h30 à la MJC de Crépy en Valois, la Compagnie Terre d’Utopies avec Sabine Stourbe présentera dans le cadre de « Faire le pari d’autres possibles » le texte de Jean-Pierre Siméon du Stabat Mater Furiosa.

Dans une version puissante et émouvante entrecoupée de témoignages de penseurs comme Jean-Marie Pelt, Pierre Rahbi, Christophe André et d’archives de l’INA, ce spectacle déjà présenté avec succès notamment à Château-Thierry le 11 novembre dernier, se jouera ensuite à Paris, les 13,14,18,19,20,21,27 et 28 janvier 2017 dans le 11e arrondt, au Théâtre du Temps, 9 rue Morvan.

« Passer en revue les cent dernières années, traverser le 20e siècle pour prendre conscience de nos pires et faire le pari de nos mieux pour rendre le 21e siècle plus espérant et bienveillant. » A ne pas manquer !

http://www.terredutopies-56.webself.net/