Qu’est-ce qu’on attend?

Ce pourrait être une incitation à l’action, un étonnement … voire un reproche. C’est un titre de film réalisé par Marie-Monique ROBIN. Le film DEMAIN posait déjà cette question implicitement puisqu’il montrait d’autres possibles en action. Mais on était du côté de la thèse, de l’enquête, de la démonstration. Ici on est à la fois plus modeste – ce changement en train de se faire n’a pas la planète pour cadre, mais une petite ville d’Alsace de 2 200 habitants – et plus incitatif : le changement, c’est possible, ici et maintenant, à une échelle même très locale et il peut toucher tous les domaines.

Dès 2009 l’initiative de la municipalité d’Ungersheim prend la forme d’un programme de démocratie participative, baptisé « 21 actions pour le XXI ème siècle » qui englobe tous les aspects de la vie quotidienne : l’alimentation, l’énergie, les transports, l’habitat, l’argent, le travail et l’école. « L’autonomie » est le maître mot du programme qui vise à relocaliser la production alimentaire pour réduire la dépendance au pétrole, à promouvoir la sobriété énergétique et le développement des énergies renouvelables, et à soutenir l’économie locale grâce à une monnaie complémentaire (le Radis). On peut consulter ici la bande annonce du film.

 

« L’intérêt général & moi » au cinéma de Villers

Novembre est déjà là.
Comme les années passées, j’ai la chance de pouvoir vous présenter quelques films du mois du documentaire à Villers puisque Vincent me fait encore cette année l’amitié de me le permettre.
Le premier rendez-vous aura lieu dimanche prochain le 6 novembre à 18h.
Le film que nous avons choisi – L’intérêt général & moi – s’inscrit dans cette réflexion qui se poursuit maintenant depuis 3 ans sur le monde où nous vivons et sur ce que nous pouvons faire face à lui.
Cette fois le cinéma se met à l’écoute de ce qu’il advient de la notion d’intérêt général quand elle est invoquée quand il s’agit de grands projets – Notre Dame des Landes par exemple. Et cela arrive constamment : à l’occasion de la création d’une décharge, de la mise en oœuvre de nouvelles formes d’extraction minière, ou de nouvelles sources d’énergie, etc.
Quoi de plus inattaquable que l’intérêt général? Et pourtant, le film va nous dévoiler  ce qu’il lui arrive de recouvrir, la manière dont elle est gauchie.
J’espère que j’aurai aussi la chance de partager ce moment de projection avec bon nombre d’entre vous.

Projection du film DEMAIN à Crouy

Le petit groupe de Crouy-sur-Ourcq qui porte cette initiative d’une projection du film DEMAIN – Stéphanie, Laure Agnès, Danielle et Soumia (l’éditrice de Ma Poule ! ) – vous attend donc le vendredi 23 septembre à 21 h à la salle des fêtes. demain-affiche-version-3

Nous y serons pour introduire le film et présenter le collectif. Faisons circuler l’information autour de nous et découvrir ce film et ce qu’il déclenche.

Quelle agriculture pour demain?

La réunion avec Jacques Caplat a été un vrai succès, une bonne soixantaine de personnes avaient trouvé le chemin de la salle des fêtes de Marolles à l’inititative de Réka et Karim de l’Amap « le Cabaret des Oiseaux » de Marolles. Difficile de résumer en quelques lignes un propos à la fois subtile et nuancé, riche d’une expérience de terrain très importante. La conférence donnait vraiment envie de se précipiter sur le livre qu’il a co-écrit avec Pierre Rabhi.

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Ça bouge à Crouy sur Ourcq

Sympathique surprise il y a une semaine sous la forme d’un mail adressé au collectif que voici : « Bonjour, nous avons vu Demain, et le choc a été si grand que nous avons décidé de convier les habitants de notre village à le visionner à l’occasion de sa sortie en DVD. Ce film, pour nous, est une occasion unique de sensibiliser nos concitoyens à la préservation de notre environnement. Serait-il possible qu’un membre du collectif vienne présenter le film comme cela a été le cas à la Ferté Milon? La Mairie de Crouy sur Ourcq, notre village, met une salle à notre disposition, et une cinquantaine de personnes sont d’ores et déjà intéressées. Nous serions vraiment contentes de pouvoir compter sur le collectif 2035 ! Bien cordialement. Stéphanie, Laure Agnès, Danielle et Soumia. » Ça continue donc à bouger! Renée et moi sommes donc allés les rencontrer au Moz Café de Crouy.

moz café

Après-midi très joyeux et enthousiaste. Bien sûr nous serons présents à la projection qui est fixée au vendredi 23 septembre à 20h. Entre l’activité de Danielle qui n’a pas attendu Demain pour s’opposer à l’implantation d’antennes radio émettrices trop près des habitations, la participation de Laure Agnès au collectif Yaka L’Atelier Yaka , Capture d’écran 2016-05-14 à 19.35.46l’activité sociale de Stéphanie et les projets de Soumia comme Ma poule !  magazine féminin collaboratif rural et gratuit, on avait l’impression d’un joyeux débordement d’énergie et de projets. Elles seront là à la prochaine réunion du collectif ! En attendant aller voir les liens, il y a une journée à Crouy autour de l’atelier Yaka et le projet de journal à soutenir.       Capture d’écran 2016-05-14 à 19.37.24

Une interview de Cyril Dion

« Pour que la démocratie fonctionne, il faut que les gens s’en emparent »
Plus de 700.000 spectateurs sont allés voir Demain, le film réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent. À la veille de la cérémonie des César, où ce film sur les alternatives écologiques est nominé, Reporterre a rencontré Cyril Dion. Son sujet : l’avenir de la démocratie.
Cyril Dion
Cyril Dion a, en 2007, participé à la création, avec Pierre Rabhi et quelques amis, du mouvement Colibris, qu’il a dirigé jusqu’en juillet 2013 et dont il est aujourd’hui membre du cercle de pilotage. Il a également cofondé le magazine Kaizen et la collection Domaine du possible, chez Actes Sud. Il a réalisé avec Mélanie Laurent le film Demain, sorti en décembre dernier.

Reporterre (R) – Comment analysez-vous le succès de votre film Demain ?
Cyril Dion (CD) – Peut-être le film marche-t-il parce qu’il apporte de l’enthousiasme et de l’espoir à des personnes qui ont du mal à en trouver dans le contexte politique. Il essaye de dessiner un avenir possible, dans un monde où nous sommes ensevelis par les mauvaises nouvelles : le Front national, le terrorisme, la crise climatique, les migrants, la crise économique… Nous voulions tracer des perspectives là où on a parfois l’impression qu’il n’y a plus d’issue.
Et pour y arriver, nous avions besoin de proposer un nouvel imaginaire et de susciter la créativité. Nos cerveaux sont colonisés par une vision du monde qui s’effrite et se désagrège, portée notamment par les médias. Nous avons donc cherché à aller sur le terrain du rêve, car il ne suffit plus d’être rationnel. Les faits, nous les connaissons depuis des décennies, pourtant ils ne déclenchent pas de réaction massive ! Nous sommes des êtres profondément irrationnels. Nous avons besoin d’être émus, de faire travailler notre imagination, de nous identifier à d’autres gens, etc. Le cinéma permet d’activer toutes ces parties de nous- mêmes à la fois, grâce aux images, à la musique, à la dramaturgie.

R – Quel est le message de votre film ?
CD – Qu’il est possible de faire autrement, de résoudre nos problèmes ! Et surtout, que chacun d’entre nous peut contribuer à changer les choses. On a souvent l’impression que le pouvoir est en dehors de nous, qu’il est dans les entreprises ou dans les États. Mais nous pouvons reprendre ce pouvoir. Nous en avons beaucoup plus que nous ne l’imaginons ! Et si nous l’exercions ensemble, nous serions capables de reprendre la main sur la course du monde.

R – Cela peut-il avoir un impact d’ici à 2017 ?
CD – Je me tiens à l’affût des dynamiques qui pourraient émerger. Il faut voir comment les gens pourraient se rassembler, dans quelle mesure ils pourraient soutenir des candidats issus de ces mouvances citoyennes.
Mais cela ne marchera que s’il y a une large mobilisation. Ce mouvement doit dépasser le cercle des convaincus, des militants. Pour le moment, nous restons apathiques. La démocratie doit d’abord changer dans la tête de chacun d’entre nous. Pour que la démocratie fonctionne, il faut que les gens s’en emparent. On doit s’en occuper, ce n’est pas quelque chose d’extérieur à nous.
Le succès de Podemos en Espagne est significatif : ce sont des gens qui viennent du milieu militant, qui ont d’abord essayé de faire pression sur le gouvernement, de faire des contre-sommets – Pablo Iglesias a milité très jeune, par exemple. À un moment donné, ils se sont rendus compte que les politiques ne voulaient pas les entendre. Alors ils ont décidé de les remplacer.
C’est ce qui est intéressant : il y a un terreau de gens qui portent de nouvelles idées, et sur ce terreau émergent des responsables politiques dont on peut espérer qu’ils transformeront ces initiatives en quelque chose de plus grande ampleur, dans une coopération élus-citoyens.

R – Faut-il aujourd’hui se passer des partis politiques ?
CD – Personnellement, je ne crois pas que le changement viendra du Parti socialiste ou de Les Républicains, encore moins du Front national. Et je me pose des questions sur les Verts, quand on voit leur situation.
Les partis politiques, en tant que structures qui veulent avant tout gagner des élections pour accéder au pouvoir, ne peuvent pas nous emmener très loin. Par ailleurs, je crois qu’il faut « déprofessionnaliser » la politique. Il faudrait davantage de gens qui se mettent au service de l’intérêt général pour un temps donné, sans que cela constitue leur métier. C’est un grave problème de notre démocratie, cette histoire de devoir garder son job d’élu à tout prix !

R – Peut-on encore se considérer en démocratie ?
CD – Plus tout à fait. Dans le film, nous évoquons une étude de l’université de Princeton qui a analysé des milliers de décisions du gouvernement états-unien pour savoir si elles allaient plutôt dans le sens des grandes entreprises ou dans le sens de ce que voulait la population. À 80 %, elles allaient dans celui des grandes entreprises. L’étude conclut que les États-Unis ont basculé dans un système plus oligarchique que démocratique. Je crois que c’est aussi le cas ici.

R – Quelle alternative proposez-vous ?
CD – Il faut changer les institutions et les principes de la Ve République pour en finir avec cette personnalisation autour du président de la République et les dérives monarchiques que cela entraîne. On peut imaginer mettre les citoyens davantage à contribution, avec une Assemblée nationale et des députés élus d’un côté, et un Sénat composé de citoyens tirés au sort de l’autre.
On pourrait décliner cela à l’échelle locale. Il faut permettre un dialogue beaucoup plus fécond entre les citoyens et leurs élus. C’est ce que nous montrons dans le film, en Inde, avec des assemblées de citoyens qui se réunissent tous les trois mois avec leurs élus pour élaborer les actions à venir et faire des points d’étape réguoiers. c’est une forme de participation intéressante, où l’on ne délègue plus ni la responsabilité des idées, ni celle d’agir.
Il semble y avoir un décalage abyssal entre l’écho de votre film et le fonctionnement de la classe politique…
C’est logique ! Quand on est dans un moment où on passe d’une civilisation à une autre, ce ne sont jamais les gens au pouvoir, à la tête du système en train de mourir, qui vont le changer. Il est normal qu’ils n’en prennent pas la mesure. Louis XVI n’a pas dit aux gens d’aller dans la rue, de prendre la Bastille, de lui couper la tête et d’instaurer une démocratie.

R – Pourquoi avez-vous signé une pétition sur Notre-Dame-des-Landes ?
CD – Notre-Dame-des-Landes est un symbole. On a déjà beaucoup d’arguments démontrant qu’il est absurde de faire un nouvel aéroport sur des zones humides et agricoles, au moment on réfléchit à développer l’agriculture autour des villes, à limiter les émissions de CO2 et organiser autrement la circulation dans le monde…
Abandonner le projet d’aéroport entérinerait le fait que nous avons besoin de prendre des orientations différentes dans notre développement économique. Et que ce sujet prenne de l’importance dans l’opinion a aussi une vertu pédagogique. Ce n’est pas simplement « Notre-Dame-des-Landes », c’est tout ce que cela dit sur notre vision de la société de demain.

R – En 2014, vous évoquiez la COP 21 comme le « sommet de la dernière chance ». Quel bilan en tirez-vous ?
CD – C’est une victoire politique et diplomatique. Symboliquement, c’est très fort d’avoir permis à 195 pays d’affirmer ensemble qu’il faut rester en-dessous d’1,5 °C. Pour avoir participé à de nombreux congrès internationaux, je sais qu’on ne peut pas aboutir à beaucoup plus dans ce type de manifestation. Comment voulez-vous arriver à des objectifs chiffrés et contraignants avec un consensus à 195 pays ? Quand on est dans un processus diplomatique, on est piégé dans un système où il ne faut choquer personne. Personne ne doit avoir envie de claquer la porte et de quitter la table des négociations.Désormais, c’est à chaque pays de se donner les moyens de parvenir à cette réduction des émissions. C’est-à-dire que cela nous regarde directement : c’est à nous de nous battre pour continuer à interdire les gaz de schistes, pour développer les énergies renouvelables – et ce, de manière intelligente, avec des panneaux solaires construits à partir de l’économie circulaire, avec des éoliennes placées aux bons endroits, avec une géothermie qui ne saccage pas tout, avec des économies d’énergie substantielles. Pour que tous ces choix adviennent dans ce sens, il faut que l’on s’en préoccupe, en mettant la pression sur nos élus, pour engager des rapports de force avec les entreprises et le système économico-financier.Plutôt que de critiquer l’accord de Paris sur le climat, il faut s’en servir comme d’une prise de judo pour retourner le système. C’est l’essence de notre appel sur Notre-Dame-des-Landes : on a signé l’accord de Paris, maintenant, on le met en place. Pour une fois qu’il y a une ouverture chez des responsables de 195 pays, appuyons-nous dessus.

R – Qu’allez-vous faire après Demain ?
CD – J’en écris la suite. Le film s’intéressera aux possibilités de rassemblement politique pour que ces initiatives se généralisent. Il y a une forme de révolution à conduire, qui doit être différente de celles qu’on a connues par le passé : le concept même de révolution a besoin d’être réinventé. Il faut solliciter un nouvel imaginaire de mobilisation. Comment reprendre le pouvoir politiquement ? Comment construire un nouveau pouvoir qui ne reproduise pas les erreurs ou les abus du passé ? Il faut que l’on comprenne que changer la démocratie, c’est aussi important que changer l’agriculture ou réinventer nos modes de productions énergétiques, notre modèle économique. Cela va ensemble.
– Propos recueillis par Barnabé Binctin pour Reporterre.

DEMAIN le film … encore et toujours

Rappelons que le collectif 2035 est le résultat de l’effet produit sur quelques uns d’entre nous par le film « DEMAIN ». Tous ceux qui sont intéressés par le mouvement que ce collectif entend animer et maintenir partagent en gros les analyses, les valeurs et les directions que le film porte et développe. Mais le constat que le film fait de ce qu’est aujourd’hui l’état du monde nous semble tellement évident que nous en oublierions presque qu’autour de nous ces simples constats portant sur la situation écologique et sociétale ne sont pas du tout évidents ni unanimement partagés.
Le film « DEMAIN » continue d’avoir un écho formidable. C’est un spectacle qui déclenche à la fois des prises de conscience et la volonté de ne plus rester inactif. Il peut donc être pour nous une manière de toucher nos voisins, nos amis, une manière de les amener à entendre et à rejoindre les actions que nous menons. Nous avions envisagé de projeter le film dans nos villages, mais les contraintes de l’exploitation ne permettent pas de le faire avant que le DVD ne sorte et à des coûts importants puisqu’une projection privée coûtera près de 250€.
Nous nous sommes donc retournés vers les cinémas proches de nous Les Clubs à Villers et le Jean Racine à La Ferté Milon. Vincent est d’accord pour une reprogrammation à Villers et nous avons obtenu que le Racine à la Ferté-Milon le programme le vendredi 11 mars à 18h et le mardi 15 mars à 20h30.
Il faut nous mobiliser pour y faire venir un maximum de gens.
Nous interviendrons au nom du collectif à l’issue de ces projections.
N’hésitons pas en attendant que les forums soient en place à échanger par mail pour parvenir à ce que ces projections soient un énorme succès.
Pour notre part, nous distribuerons sur Préciamont et Marolles le flyer du Jean Racine, mais aussi probablement un flyer au nom du collectif. Nous comptons aussi appeler ou contacter directement notre entourage pour convaincre de venir aux projections, c’est une chance à ne pas manquer de démultiplier l’écho du collectif.

Demain, à suivre

Le film « Demain » pose une seule question : qu’est-ce qu’on peut faire pour que s’arrête la course aveugle vers toujours plus de dérèglements, vers un monde où l’on ne se reconnaît pas, où plus rien ne fait société ?

Nous qui nous réunissons en collectif n’avons d’autre ambition que d’essayer de faire quelque chose, si modeste que cela puisse être.

Chaque rubrique de ce site en dessine une direction.

N’oublions pas le film d’où tout cela est parti. Nous en programmerons des projections ici et là … à Marolles ? … à Chézy ? … à La Ferté Milon ? …

DEMAIN_AFFICHE

« Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent partent avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l’éviter.

Durant leur voyage, ils rencontrent les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain… »