Pétition pour sauver la forêt

Pour la forêt française, notre bien commun

« La planète Terre n’a pas besoin d’émissions de CO2 supplémentaires. Elle a besoin de résilience et de forêts qui la refroidissent. » C’est en ces termes que le 25 septembre 2017, 190 scientifiques de la communauté internationale ont interpellé les responsables de l’Union Européenne, posant ainsi en termes clairs l’enjeu vital pour la biosphère d’une gestion forestière réellement durable.

La forêt n’est pas un objet de spéculation financière de court terme !

C’est le rempart de nos enfants face à une crise écologique et climatique qui s’emballe. C’est l’eau potable, la biodiversité et la résilience, l’épuration de l’air, le stockage d’une partie du carbone en excès dans l’atmosphère et la possibilité d’en stocker dans le bois matériau. C’est aussi notre lieu de connexion avec la Nature. Renoncer à tous ces bienfaits serait pure folie. C’est pourtant ce qui se profile en Europe et en France, métropolitaine comme dans les départements ultramarins, avec les incitations croissantes à transformer les forêts pour satisfaire des appétits industriels de court terme non soutenables. Comble du cynisme, ces orientations sont présentées depuis le Grenelle de l’environnement sous couvert d’écologie.

Les forêts publiques françaises incarnent particulièrement ces enjeux. Bien qu’elles ne représentent que 25% des surfaces forestières de France métropolitaine, elles correspondent aux coeurs historiques des massifs forestiers. Ce sont des surfaces boisées depuis de nombreux siècles, qui concentrent les écosystèmes les plus matures, et ainsi les stocks de biodiversité et de carbone les plus conséquents de tous les écosystèmes.

Le droit forestier français, vanté dans le monde entier comme une préfiguration historique du concept de gestion durable, consacre la forêt comme bien commun. Il prévoit des outils de protection des forêts privées et publiques par les pouvoirs publics.

Pourtant le principal instrument de cette politique, l’Office National des Forêts, subit un véritable détournement de ses missions d’intérêt général. La privatisation en cours de ses activités régaliennes préfigure la disparition de ce service public et une politique forestière au rabais. Ces évolutions actuelles à l’ONF et celles à l’oeuvre dans le privé menacent de tirer vers le bas toutes les « garanties de gestion durable », en forêt publique comme en forêt privée.

La démarche de privatisation de l’Office National des Forêts, et l’industrialisation croissante qui l’accompagne doivent être reconsidérées au regard des multiples enjeux des forêts pour la société d’aujourd’hui (climat, biodiversité, emploi et économie). La notion de bien commun impose par ailleurs que la société civile prenne part aux décisions forestières, et dispose d’un droit de regard sur la gestion des forêts publiques qu’elle reçoit en héritage et doit transmettre à ses enfants.

Nous soussignés, citoyens et représentants d’organisations concernés par le sort de la biosphère, réunis ce 25 octobre 2018 au pied des chênes pluri-centenaires de la Forêt Domaniale de Tronçais, demandons solennellement la convocation d’un grand débat public, que la forêt française mérite aujourd’hui plus que jamais depuis plus d’un siècle.

Mobilisés, vigilants et unis, nous entendons nous rencontrer régulièrement pour débattre des orientations cruciales de la politique forestière, élargir et amplifier la dynamique enclenchée ce jour.

« Le temps des forêts » dimanche 4 novembre à 18h au Cinéma de Villers-Cotterêts

« La forme d’une ville change plus vite hélas/Que le cœur d’un mortel » … Baudelaire écrit de la plus belle façon ce que les hommes ont sans doute toujours vécu : la transformation de la réalité qui les entoure est toujours en avance sur la perception qu’ils en ont. Mais ceci s’est accéléré de manière exponentielle ces dernières décennies.

On pourrait dire en déclinant ces vers et en en faisant un inventaire à la Perec : « La forme d’un village … celle  de la campagne… de la forêt/change plus vite que l’idée que nous en avons ». Ce retard de la conscience sur la transformation du réel, s’il est naturel, est aujourd’hui problématique. Il nous plonge dans une rêverie somnambule où, en dépit de tout, nous croyons que les choses continuent à être ce qu’elles étaient. C’est la source d’une désespérance quand soudain nous constatons que les réalités auxquelles nous sommes le plus attachés ont disparu. Et cela nous désarme nous rendant réticents aux alertes sur l’agriculture intensive qui devraient pourtant bien entamer ce rêve de campagne que nous avions, le glyphosate et autres pesticides font mauvais ménage avec une vision bucolique de la nature. Dans la même perspective, on ne peut que mesurer le recul toujours grandissant dans les villages de la dimension communautaire qu’ils incarnaient dans l’imaginaire et la montée d’une autre réalité, celle d’unités d’habitation plus anonyme, apparentées à des « cités dortoir » et à des banlieues.

La forêt est sans doute une de ces réalités mythiques qui résiste encore. Elle appartient toujours à l’univers des contes et  participe d’une nature sauvage. Le film « Le temps des forêts » vient entamer passablement nos illusions. Le glissement des espaces forestiers vers un statut d’usine à bois y est bien repéré ainsi que bien d’autres transformations qui ne sont que la marque du libéralisme et du productivisme sur cet objet particulier qu’est la forêt. Nous vous invitons à venir nombreux à la projection du film aux Cinémas de Villers-Cotterêts, dimanche 4 novembre à 18h. La projection sera suivie d’un débat.

 

 

Appel de l’Association de Sauvegarde de la Vallée Sereine pour déposer un recours contre le poulailler de 40.000 poules à Cœuvres

Une situation préoccupante

La région du sud de l’Aisne est une région de grandes propriétés agricoles essentiellement céréalières. Les évolutions économiques (modification de la PAC, variations des cours des céréales) poussent les propriétaires d’immenses domaines à chercher à se diversifier. La multiplication des projets d’élevages de taille industrielle montre qu’ils cherchent du côté de l’élevage. En quelques mois ont éclos une bonne demie douzaine de projets de poulaillers de 30.000, 40.000 poules pondeuses ou de chair, voire plus encore. On sait qu’en dépit des normes administratives qui encadrent ces élevages, ceux-ci ne permettent pas des conditions satisfaisantes ni sur le plan de l’environnement ni sur le plan de la manière dont les animaux sont traités.

Une volonté de résistance à ces projets

L’association SAUVEGARDE DE LA VALLEE SEREINE qui avait été créée pour lutter (victorieusement) contre un projet de poulailler de ce type, il y a plus de 10 ans, s’est remobilisé contre le projet. Une pétition en ligne a été lancée sur MesOpinions (Non aux40.000 poules pondeuses à Cœeuvres-et-Valsery) qui a recueilli près de 40.000 signatures en quelques jours.

L’association a déposé un recours en mairie contre le permis de construire en particulier parce que l’implantation du projet ne respectait pas les limites d’une zone d’intérêt écologique, faunistique et floristique. Malheureusement ce recours a été rejeté.
Un nouveau recours a été déposé auprès de la Préfecture pour qu’elle reconsidère l’autorisation d’exploiter qui a été donnée au porteur de projet. L’issue d’un tel recours est à présent connue puisque n’ayant eu aucun retour le 8 août, qui était la date limite, nous avons à présent jusqu’au 8 octobre (et non jusqu’au 28 juillet comme nous l’avions écrit) pour déposer un recours contentieux qui est désormais la seule procédure possible du fait que le recours gracieux n’a pas eu gain de cause.

Un appel aux dons

Un recours contentieux n’a de chance d’aboutir que s’il est suivi par un avocat. Cela entraîne des frais que ne peuvent pas assumer les seuls membres de l’association. Nous avons besoin de réunir 1.500€ pour couvrir ces frais. Et c’est la raison pour laquelle nous faisons appel à la générosité de tous ceux qui désapprouvent de tels projet.

Pour verser un don, c’est ici

Nous avons mi-août recueilli un peu plus de 400€. Nous comptons relancer une campagne pour boucler le budget des frais d’avocat.

Et si vous voulez entrer en contact avec l’association ou y adhérer, envoyer vos mails à : sauvegarde.vallee.sereine@laposte.net

 

Les jardins de la fontaine pareuse

Dimanche 17 juin 2018, c’est la fête des « Jardins de la Fontaine Pareuse »  à Haramont. Pour ceux qui ne les connaissent pas, c’est l’occasion de le découvrir.

Découverte des jardins, des principes permacoles qui les sous-tendent, des succès ou difficultés, des compromis, etc !

Dès 10h du mat’ !

 

Pollueurs payés … vous avez dit 40.000 poules

Sciences et Avenir publie un article intéressant sur les conséquences du gigantisme des élevages. Cela n’est pas sans écho avec le développement des poulaillers de 40.000 poules que nous voyons se faire jour en ce moment.

« L’ONG Greenpeace a commandé une étude au journaliste Mark Lee Hunter afin de savoir où va l’argent de la PAC, la politique agricole commune : celle-ci verserait des « montants considérables » à des exploitations agricoles très polluantes. L’ONG Greenpeace demande à ce que la PAC « favorise réellement l’environnement et non l’intensification et l’agrandissement des structures« . En croisant la liste des montants alloués aux bénéficiaires de la PAC et celle qui répertorie les émissions d’ammoniac par ferme (la seule pollution qui soit suivie à l’échelle des exploitations), l’étude identifie « 436 structures françaises qui polluent et pourtant continuent de toucher des subventions publiques européennes« .

421 exploitations d’élevage intensif épinglées comme « pollueurs-payés »

L’association a décidé de se concentrer sur l’ammoniac pour mener son étude. Elle précise qu’il s’agit d’un « composé chimique dont l’odeur âcre est caractéristique et il provient principalement des activités agricoles. Il peut impacter sévèrement la santé humaine et la vie sauvage lorsqu’il est relâché dans l’environnement« . Or, Greenpeace précise que le système de suivi des émissions d’ammoniac est « loin d’être sérieux et suffisant. A peine 3% des émissions d’ammoniac liées à l’élevage sont répertoriées dans cette base de données, alors que l’élevage représente 64% des émissions d’ammoniac en France. »

Greenpeace épingle 421 exploitations d’élevage intensif, des « pollueurs-payés » comme les appelle l’ONG, et 15 entreprises agro-alimentaires, « toutes du même type, (…) des fermes usines qui produisent soit du porc, soit de la volaille par milliers« , plus de 2.000 porcs ou 40.000 volailles, « ce qui est bien au-delà des standards de la production française« , souligne l’association. Ces structures touchent des « montants colossaux d’argent public, selon le rapport. Les 20 premières ont ainsi touché plus de 115.000 euros annuels de subventions PAC en moyenne » en 2014 et 2015.

Des lacunes à combler

Pour Greenpeace, cette étude « démontre l’intensité des lacunes concernant le suivi des pollutions liées à l’élevage« . L’association demande donc « de la transparence et un vrai suivi des pollutions environnementales« . Pour Greenpeace, « les seuils à partir desquels les fermes doivent déclarer les pollutions de leur élevage doivent être abaissés et il est bien sûr nécessaire de suivre d’autres polluants que l’ammoniac ! »

Alors que la réforme de la prochaine PAC est en cours d’élaboration, Greenpeace estime que les subventions européennes doivent encourager à produire moins d’animaux de meilleure qualité, ce qui est « le seul moyen de réellement régler les pollutions environnementales liées à l’élevage« . « Les aides de la PAC doivent absolument être plafonnées afin de stopper cette course à l’agrandissement et à l’intensification. Elles doivent en effet être conditionnées au nombre d’actifs et au nombre d’animaux par hectares pour permettre une réelle transition« , juge Greenpeace.

« Prévue pour 2021, les négociations pour la prochaine PAC ont déjà démarré. D’ici la fin du premier semestre 2018, la Commission européenne devrait avoir remis une première proposition. Pour l’instant, l’argent du contribuable continue à être utilisé pour financer la pollutions de nos terres« , conclu l’association dans son rapport. »

Eclairage sur le projet de poulailler de Cœuvres – sa logique et ses manques

Deux versions possibles d’un élevage de poules pondeuses…

    

Hélas, le projet est plutôt du côté de la seconde que de la première image…

Nous avons pris contact avec l’agriculteur porteur du projet de Cœuvres et il a accepté le dialogue. Pour éclairer cet échange et  les raisons de la position à laquelle l’Association de Sauvegarde de la Vallée Sereine est parvenue et à laquelle nous nous associons – déposer un recours contre le permis, on pourra lire ci-dessous la lettre que l’Association Sauvegarde de la Vallée Sereine et le collectif 2035 lui avons adressée.

 » Monsieur,

Même si la différence de position conduit à des démarches antagoniques, nous continuons à croire en la valeur du dialogue et c’est pourquoi nous nous félicitons des échanges que nous avons eus avec vous et nous tenons à vous informer de la démarche que nous avons mise en œuvre avant même que vous n’en soyez saisi officiellement.

Sur le fonds nous partageons le bilan négatif que vous tirez des politiques agricoles des années passées qui ont conduit en particulier au « tout céréales », mais les déclencheurs de nos jugements respectifs ne sont sans doute pas les mêmes : de votre côté la baisse des cours des céréales, du nôtre la mise en cause d’un gigantisme et d’une financiarisation de l’agriculture qui conduisent inévitablement à son industrialisation et à des méthodes de moins en moins respectueuses du vivant. L’échec des plans de réduction des traitements phytosanitaires en est l’exemple le plus patent.

De même si nous partageons votre volonté de chercher des solutions intelligentes dans des démarches relevant des modèles d’économie circulaire (consommation locale de la production de céréales pour un élevage et utilisation locale des engrais naturels produits par l’élevage), là encore les déclencheurs diffèrent. C’est le tonnage d’engrais déterminé par l’échelle à laquelle vous situez votre exploitation (600 ou 800 tonnes de fiente) qui va déterminer le dimensionnement de votre élevage (40.000 poules). L’approche reste homogène à des échelles industrielles qui s’avèrent décidément toujours hors de proportion avec celles des équilibres environnementaux.

C’est sans doute sur ce point que la divergence de perception est la plus grande. Cette approche est de fait à échelle industrielle et ne sort pas de l’industrialisation et de la financiarisation de l’agriculture. Elle s’ouvre simplement à une diversification. C’est sans doute pourquoi de la même manière que nous avons vu les campagnes prendre la forme des cultures industrielles que nous lui connaissons et avoir la puissance et la fragilité que vous constatez vous même aujourd’hui, nous assistons à la multiplication des projets de poulaillers industriels qui vont transformer l’environnement de manière tout aussi drastique que le « tout culture » l’a fait – avec d’autres altérations profondes et durables du milieu.

Ce sont ces bases-là et la perspective de nouveaux dégâts à venir qui motivent notre démarche.

Et c’est pourquoi nous ne pouvons qu’être extrêmement attentifs à la prise en compte des détails environnementaux dans les projets qui se font jour et à la réalité des engagements pris sur ceux-ci.

Vous nous avez dit votre souci sur ce point et que vous aviez modifié votre projet dans ce sens. Nous ne mettons pas en cause votre parole mais force nous est de considérer qu’elle n’engage que vous au moment où vous le dites et cela ne constitue en aucune manière un engagement suffisant pour l’environnement. Et c’est pour cela que le dossier public qui est le seul qui a servi de base officielle à l’instruction de l’autorisation de votre projet ne donne pas actuellement les garanties de respect des aspects environnementaux incontournables. Nous ne pouvons que le mettre en cause.

Le fait que votre projet ne soit pas packagé par un des opérateurs des filières de l’agro-business de l’élevage nous semble une chance pour que la situation puisse évoluer dans un sens plus conforme à un avenir soutenable.

Nous ne sommes pas des donneurs de leçon, mais comme la notion « d’échelle humaine » ne semble pas recouvrir la même chose pour vous et pour nous, nous nous permettrons encore quelques réflexions :

– même si formellement la taille du terrain est proportionnée aux 40.000 poules envisagées, comment croire à une répartition égale de celles-ci à proximité sur celui-ci alors qu’elles ne seront hébergées que dans un bâtiment unique, gigantesque ?

– comment un bâtiment unique et ses silos ne contribueront-ils pas au dessin d’un paysage encore un peu plus industriel ?

– comment ne pas s’inquiéter de l’augmentation des risques sanitaires quand on regroupe en un seul lieu autant de sujets ?

– comment croire à une absence de nuisances ?

– un éleveur bio de poules nous faisait part de son expérience et de sa capacité à dégager un smic pour une personne avec 400 poules intégrées dans une exploitation qui fait place par ailleurs à de la polyculture. Bien sûr il faudrait rentrer dans l’analyse détaillée de ces chiffres, mais cela se rapproche davantage de la notion de taille humaine que le chiffre de 40.000 – dont nous vous concédons volontiers qu’il est moins inhumain et démesuré que celui des élevages bretons pouvant atteindre 400.000 poules, lesquels sont d’ailleurs entrés en crise.

Nous savons que notre démarche ne peut être ressentie que comme un obstacle à vos projets. Notre position dans la société civile ne nous met pas à l’écart des préoccupations économiques et nous savons que vos choix intègrent des contraintes de ce type, mais la prise en compte de perspectives plus longues, moins court termistes, commence à être reconnue par de plus en plus d’acteurs économiques.

Et si nous sommes préoccupés d’environnement, c’est sans doute aussi parce que celui-ci se révèle de plus en plus clairement comme une juste boussole pour prendre les bons caps d’un avenir soutenable.

Avec nos meilleures salutations. »

 

Lettre au Préfet de l’Aisne.

Le Collectif 2035 a fait parvenir cette lettre au Préfet de l’Aisne

Monsieur le Préfet,

Le collectif 2035, très soucieux du projet de poulailler industriel à Cœuvres-et- Valsery, vous prie de bien vouloir prendre en considération les points suivants :

1) Le permis de construire a été voté et attribué sans la présentation de l’évaluation environnementale qui était demandée par les services de la Dreal. Il est curieux que les services de l’unité ICPE de la DDT de la préfecture aient émis un avis favorable sur ce permis (17 août 2017) alors que la consultation publique n’avait pas eu lieu et que l’Autorité environnementale soumettait quelques jours après (21 août 2017) ce projet à évaluation environnementale.

2) Les conseils municipaux des communes concernées par les épandages se sont prononcés contre ce projet.

La proximité du Rû de Retz et la forte pente en limite du terrain du parcours des poules, propice au ruissellement vers le village, inquiète quant à la pollution de ses eaux et des terres en aval qui pourra facilement atteindre la ZNIEFF de la vallée du Rû de Retz et de ses affluents.

3) Le contenu du dossier qui a été soumis à la consultation du public ne correspond pas à ce qui est annoncé par M. Pamart dans sa lettre publique. Le dossier présenté en Mairie n’est donc pas le dossier final et est à ce titre incomplet. De plus, il ne comprend pas l’évaluation environnementale que ce projet nécessite.

4) La pétition initiée par le collectif 2035 et des habitants de communes concernées a reçu 38 000 signatures, ce qui montre à quel point la population est sensible aux problèmes de ce type d’élevage : antibiotiques, concentration d’un grand nombre d’animaux dans un petit périmètre, risque de pollution des nappes phréatiques et des rivières, épidémies dont on entend fréquemment parler.

5) Les normes nationales et européennes semblant devoir évoluer vers des élevages de moindre ampleur, il est nécessaire d’adapter les créations nouvelles à des perspectives pérennes, et de ne pas se précipiter pour enraciner un modèle qui deviendra prochainement obsolète et non viable.

6) Pour ces raisons, et d’autres figurant dans la pétition initiale, nous demandons l’ouverture d’une enquête publique.

En vous remerciant de votre attention, nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, en l’expression de notre considération distinguée,

Le collectif 2035

 

Lettre ouverte à M. le Préfet de l’Aisne

À l’attention de M. Nicolas Basselier, Préfet de l’Aisne.
Monsieur le Préfet,

Nous avons pris connaissance du projet de M. Alexandre Pamart, pour établir un élevage de 40 000 poules pondeuses sur la commune de Cœuvres-et-Valsery.
Le dossier qui a été déposé en Mairie nous semble décalé puisqu’une mise en observation correspond à l’ouverture d’une installation classée. Or il est indispensable qu’une étude environnementale soit établie par le porteur de projet, ce qui a d’ailleurs été demandé par courrier à M. Pamart le 21 août dernier (cf pièce jointe).
Parmi les points qu’une telle étude devrait élucider, ce sont tous les aspects relatifs aux médicaments et antibiotiques qui ne manqueront pas d’être administrés aux animaux, avec l’impact probable sur l’environnement. L’épandage sur les terres alentour, dans une zone sujette à des coulées de boues, risque d’avoir des conséquences sur la zone du Ru de Retz, et ses marais, riches en plantes et animaux sauvages.


En conséquence, nous demandons à ce qu’une information plus précise sur ce projet soit donnée aux habitants des villages concernés. Il existe déjà plusieurs élevages équivalents dans la région proche, et il nous semble que la taille de cette exploitation ne correspond plus aux demandes des consommateurs, en qualité des produits et en impact sur l’environnement.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de nos sincères salutations.
Le Collectif 2035

Projet d’élevage de poules pondeuses à Cœuvres-et-Valsery

REACTIONS AU PROJET D’ÉLEVAGE DE POULES PONDEUSES  À CŒUVRES-ET-VALSERY ET DANS LA RÉGION

Lettre-pétition

Des habitants de Cœuvres-et-Valsery et des communes alentour se disent concernées par le projet de poulailler envisagé au Murger à Coeuvres-et-Valsery.

Le collectif 2035 rejoint leur préoccupation.

Ils souhaitent s’adresser au promoteur de ce projet pour qu’il ouvre un débat et reconsidère les points qui leur semblent problématiques dans ce projet.

  1. Le projet prévoit 40.000 bêtes. Bien que soit posé le principe d’un élevage de « poules en plein air » – bien sûr préférable à un élevage en batterie – la quantité envisagée  est disproportionnée par rapport à cette qualité.
  2. Le terrain de parcours présente une surface « aux normes » mais le nombre de poules rend de fait ces normes peu crédibles puisque le terrain devient trop vaste pour être réellement parcouru par les poules.
  3. La surface d’élevage du local prévu (2008 m2) ne permet pas l’hébergement de 9 poules au m2, seuil limite de la norme dite «plein air». Elle logera presque 20 poules au m2, ce qui dépasse de 25 % le niveau habituel des élevages en batterie que l’on veut éviter.
  4. Le nombre de bêtes cohabitant oblige au recours systématique aux antibiotiques, qui se retrouveront dans les fientes, donc dans les terres. Il en va de même de virus (salmonelles et autres).
  5. L’épandage de produits pharmaceutiques et de possibles virus dans des terres fréquemment lessivées par les fortes pluies et parfois à la limite de l’inondation induit un déversement de ces matières dans les vallées et dans les villages où l’on a vu maintes fois des rivières de boues dévaler des plateaux.
  6. Leur définition comme « matière sèche » n’est pas convaincante de ce fait. Aussi bien, en cas de sécheresse persistante, elles se volatiseront pour partie dans l’air ambiant, puisqu’elles seront enfouies à peu de profondeur.
  7. La surconcentration de volailles présente des risques accrus d’épidémies, comme il a été dit et répété lors de l’ancienne crise de la « grippe aviaire », et encore en 2017 dans le sud-ouest avec les élevages de canards.
  8. Ces crises sanitaires obligent fréquemment à sacrifier massivement les élevages dans de vastes régions, les plus gros élevages menaçant la viabilité de tous les autres par crainte d’épidémie et mesures d’éradication préfectorales. Ces calamités ont un coût considérable pour les éleveurs et pour les fonds publics.
  9. Un très grand nombre de distributeurs et de transformateurs se sont engagés à ne plus se fournir en œufs de batterie (c’est déjà effectif pour nombre d’entre eux, et à plus ou moins brève échéance pour les autres). A terme, il est clair que des « œufs plein air » qui ne le seraient pas réellement ne trouveront pas de débouchés.
  10. Des distributeurs d’œufs recherchent des sites où implanter des élevages « plein air » : la quantité optimale admise est de 8000 volailles.
  11. Le fait que des projets approchant sont annoncés dans d’autres communes peu éloignées amène la question de l’effet de nombre de ces exploitations, qui démultiplie les effets et les risques de chacune d’entre elles en menaçant de transformer le secteur en dépôt concentré de ces problèmes.
  12. Il est peu probable que l’automatisation du système génère spécialement des emplois.

En conclusion nous demandons que soit déclarée une enquête publique, pour que l’information circule mieux auprès de l’ensemble des communes concernées ; nous invitons le promoteur de ce projet à convenir d’une réunion d’information et d’échange pour en discuter.

Le Collectif 2035

Lien vers le dossier complet :  aisne.gouv.fr.

Réaction au projet, à envoyer par mail à l’adresse

ddt-participation-public-icpe@aisne.gouv.fr

Lettre de réponse de M. Alexandre PAMART, agriculteur porteur du projet (format PDF)

Qu’est-ce qu’on attend?

Ce pourrait être une incitation à l’action, un étonnement … voire un reproche. C’est un titre de film réalisé par Marie-Monique ROBIN. Le film DEMAIN posait déjà cette question implicitement puisqu’il montrait d’autres possibles en action. Mais on était du côté de la thèse, de l’enquête, de la démonstration. Ici on est à la fois plus modeste – ce changement en train de se faire n’a pas la planète pour cadre, mais une petite ville d’Alsace de 2 200 habitants – et plus incitatif : le changement, c’est possible, ici et maintenant, à une échelle même très locale et il peut toucher tous les domaines.

Dès 2009 l’initiative de la municipalité d’Ungersheim prend la forme d’un programme de démocratie participative, baptisé « 21 actions pour le XXI ème siècle » qui englobe tous les aspects de la vie quotidienne : l’alimentation, l’énergie, les transports, l’habitat, l’argent, le travail et l’école. « L’autonomie » est le maître mot du programme qui vise à relocaliser la production alimentaire pour réduire la dépendance au pétrole, à promouvoir la sobriété énergétique et le développement des énergies renouvelables, et à soutenir l’économie locale grâce à une monnaie complémentaire (le Radis). On peut consulter ici la bande annonce du film.