Dans les rus, dans les rues à Cœuvres et ailleurs

Les séries d’orages actuelles multiplient ces scènes et de plus accablantes.

C’est ici à Cœuvres-et-Valsery – où sur le plateau est prévue l’implantation d’un poulailler de 40.000 poules pondeuses –  le lundi 28 mai 2018 au soir. Scènes fréquentes. L’eau ruisselle depuis les plateaux, saturée de ce qui imprègne les champs, aujourd’hui de pesticides, demain de fientes de poules accumulées en quantité…

   

 

La nécessité connue de haies, de reboisement, n’est pas satisfaisante malgré des programme de subventions. L’économie réalisée à étendre des champs vides induit pour les habitants et la collectivité deux aspects : ils doivent assumer les coûts des conséquences destructrices (routes, chaussées, bien publics et privés). Et quelles bactéries se multiplient dans ces conditions? Le journal l’Union titrait ainsi dans son édition du 28 mai : « Une bactérie dans les eaux du lac de Monempteuil… » Le gigantisme des installations se combinant avec les déséquilibres du climat crée les conditions de catastrophes.

Pollueurs payés … vous avez dit 40.000 poules

Sciences et Avenir publie un article intéressant sur les conséquences du gigantisme des élevages. Cela n’est pas sans écho avec le développement des poulaillers de 40.000 poules que nous voyons se faire jour en ce moment.

« L’ONG Greenpeace a commandé une étude au journaliste Mark Lee Hunter afin de savoir où va l’argent de la PAC, la politique agricole commune : celle-ci verserait des « montants considérables » à des exploitations agricoles très polluantes. L’ONG Greenpeace demande à ce que la PAC « favorise réellement l’environnement et non l’intensification et l’agrandissement des structures« . En croisant la liste des montants alloués aux bénéficiaires de la PAC et celle qui répertorie les émissions d’ammoniac par ferme (la seule pollution qui soit suivie à l’échelle des exploitations), l’étude identifie « 436 structures françaises qui polluent et pourtant continuent de toucher des subventions publiques européennes« .

421 exploitations d’élevage intensif épinglées comme « pollueurs-payés »

L’association a décidé de se concentrer sur l’ammoniac pour mener son étude. Elle précise qu’il s’agit d’un « composé chimique dont l’odeur âcre est caractéristique et il provient principalement des activités agricoles. Il peut impacter sévèrement la santé humaine et la vie sauvage lorsqu’il est relâché dans l’environnement« . Or, Greenpeace précise que le système de suivi des émissions d’ammoniac est « loin d’être sérieux et suffisant. A peine 3% des émissions d’ammoniac liées à l’élevage sont répertoriées dans cette base de données, alors que l’élevage représente 64% des émissions d’ammoniac en France. »

Greenpeace épingle 421 exploitations d’élevage intensif, des « pollueurs-payés » comme les appelle l’ONG, et 15 entreprises agro-alimentaires, « toutes du même type, (…) des fermes usines qui produisent soit du porc, soit de la volaille par milliers« , plus de 2.000 porcs ou 40.000 volailles, « ce qui est bien au-delà des standards de la production française« , souligne l’association. Ces structures touchent des « montants colossaux d’argent public, selon le rapport. Les 20 premières ont ainsi touché plus de 115.000 euros annuels de subventions PAC en moyenne » en 2014 et 2015.

Des lacunes à combler

Pour Greenpeace, cette étude « démontre l’intensité des lacunes concernant le suivi des pollutions liées à l’élevage« . L’association demande donc « de la transparence et un vrai suivi des pollutions environnementales« . Pour Greenpeace, « les seuils à partir desquels les fermes doivent déclarer les pollutions de leur élevage doivent être abaissés et il est bien sûr nécessaire de suivre d’autres polluants que l’ammoniac ! »

Alors que la réforme de la prochaine PAC est en cours d’élaboration, Greenpeace estime que les subventions européennes doivent encourager à produire moins d’animaux de meilleure qualité, ce qui est « le seul moyen de réellement régler les pollutions environnementales liées à l’élevage« . « Les aides de la PAC doivent absolument être plafonnées afin de stopper cette course à l’agrandissement et à l’intensification. Elles doivent en effet être conditionnées au nombre d’actifs et au nombre d’animaux par hectares pour permettre une réelle transition« , juge Greenpeace.

« Prévue pour 2021, les négociations pour la prochaine PAC ont déjà démarré. D’ici la fin du premier semestre 2018, la Commission européenne devrait avoir remis une première proposition. Pour l’instant, l’argent du contribuable continue à être utilisé pour financer la pollutions de nos terres« , conclu l’association dans son rapport. »