Qu’est-ce qu’on attend?

Ce pourrait être une incitation à l’action, un étonnement … voire un reproche. C’est un titre de film réalisé par Marie-Monique ROBIN. Le film DEMAIN posait déjà cette question implicitement puisqu’il montrait d’autres possibles en action. Mais on était du côté de la thèse, de l’enquête, de la démonstration. Ici on est à la fois plus modeste – ce changement en train de se faire n’a pas la planète pour cadre, mais une petite ville d’Alsace de 2 200 habitants – et plus incitatif : le changement, c’est possible, ici et maintenant, à une échelle même très locale et il peut toucher tous les domaines.

Dès 2009 l’initiative de la municipalité d’Ungersheim prend la forme d’un programme de démocratie participative, baptisé « 21 actions pour le XXI ème siècle » qui englobe tous les aspects de la vie quotidienne : l’alimentation, l’énergie, les transports, l’habitat, l’argent, le travail et l’école. « L’autonomie » est le maître mot du programme qui vise à relocaliser la production alimentaire pour réduire la dépendance au pétrole, à promouvoir la sobriété énergétique et le développement des énergies renouvelables, et à soutenir l’économie locale grâce à une monnaie complémentaire (le Radis). On peut consulter ici la bande annonce du film.

 

Le schéma directeur de la ligne P – La Ferté Milon Paris Est

Lors du comité de la ligne P, le schéma directeur de développement de cette ligne a été présenté. On trouvera dans ces 2 liens : le rapport du  Comité de la ligne P et le Schéma directeur de la ligne P 2016-2035

Si je résume les points qui nous concernent directement : 1°) il y a inscrit dans le schéma pour 2016 : l’adaptation de l’offre sur Paris Château Thierry qui se traduirait par l’adjonction d’un train supplémentaire direct quotidien sur Château Thierry-Paris EN LIEU ET PLACE D’UN TRAIN LA FERTE MILON-PARIS. Bien sûr nous avons contesté la légitimité de cette proposition qui envisage de faire disparaître un train (probablement direct) des horaires La Ferté Milon-Paris. Ce qui paraît surtout extrêmement contestable, c’est que la SNCF et le STIF décident de cela sans aucune concertation et inscrivent cette mesure dans un schéma directeur sans aucune précision. Quel train sera supprimé? C’est vrai que c’est une chance formidable d’avoir un train par heure pour Paris ; c’est vrai que les 2 directs de 6h18 et de 7h18 le matin dans le sens Milon-Paris créent une fréquence encore plus rapprochée que la fréquence horaire du reste de la journée –  puisque l’on a moins d’une heure entre le 6h01, le 6h18, le 7h01, le 7h18 et le 8h01, idem pour le retour du soir avec le 17h05 et le 18h05 qui s’intercalent entre le 16h51, le 17h51 et le 19h51. MAIS CE SONT DES DIRECTS ET DONC UN VRAI CONFORT POUR LES PASSAGERS DEPUIS LA FERTE MILON et la moindre des choses serait qu’une vraie concertation ait lieu pour savoir quels aménagements horaires réaliser. 2°)  A l’horizon 2021, il y a la prévision de remplacer le matériel actuel par des Autorails Grande Capacité (AGC) adaptés. Ce point est plutôt positif (mais peut-on le déconnecter du point précédent?) puisqu’il semble indiquer qu’on ferait un pas de plus vers l’électrification de la ligne, donc vers son maintien et une meilleure exploitation (puisqu’on aurait des machines de remplacement possibles ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec les machines hybrides (électricité/diesel) requises par l’électrification partielle (jusqu’à Trilport) de la ligne). Le montant de 60 à 65M€ de travaux annuels sur la ligne P de 2016-2020 qui pourrait aller dans ce sens, ne précise pas exactement ce qui concerne notre portion de la ligne P. 3°) Rien à plus long terme : ni dans le plan à 2025 ni dans le plan à 2030.

Au total, une position très mitigée surtout en face d’une  situation présente très chaotique qui se caractérise par  : a) beaucoup de retards, beaucoup de suppressions de trains, beaucoup de fragilités des matériels. b) une très mauvaise information : quand un train est supprimé, on l’apprend souvent en cours de route, aucune annonce dans le train ni en gare la plupart du temps. c) des conditions de transport très pénibles aux heures de pointe : quand on rejoint la ligne Chateau Thierry Paris (à Meaux ou Trilport), on est très souvent debout aux heures de pointe. d) un problème tarifaire qui n’est même pas envisagé : s’il y a un passe navigo à 70€/mois ou 60€/sur 12 mois de Crouy à Paris (donnant aussi accès à toutes les lignes RATP et RER), le complément Crouy La Ferté Milon semble une tolérance puisque normalement ce qui est prévu ce sont des abonnements Picardie (Milon n’étant pas en Ile de France). De plus quand il n’y a pas de train sur Milon (ce qui arrive souvent), les passagers qui se replient sur Villers-Paris Nord ne peuvent se servir de leur abonnement et cela crée des « discussions enflammées » avec les contrôleurs et des risques d’amendes. e) la question de la concertation avec les usagers et avec les collectivités territoriales (en particulier les mairies) se pose de manière très forte (les représentants des mairies de Meaux, Trilport, Château Thierry, etc. ont protesté très fort du fait qu’ils n’étaient pas au courant des projets et de la mise au point des schémas directeurs qui semblent-ils n’ont été débattus qu’avec le STIF donc la région Ile de France. Une réunion doit entériner le schéma directeur (jusqu’en 2030!!!!) le 1er juin et rien ne permet de savoir ce qui a été intégré de la réunion du comité de ligne de fin avril. On ne peut être rassurés sur ce qui va être adopté et en tout cas sur une démarche qui prenne en compte les attentes et les préoccupations et des usagers et des collectivités territoriales en particulier municipales.