Projections de films

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Ce sujet a 12 réponses, 4 participants et a été mis à jour par  Patrick Besenval, il y a 3 ans et 4 mois.

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  • #372

    Patrick Besenval
    Modérateur

    Après la projection du film « En quête de sens » sujet à beaucoup de controverses, ci-après la teneur de la présentation que j’en ai faite :

    « Je voudrais souligner à quel point le cinéma occupe une place toujours capitale. Le monde change, le cinéma s’est diversifié, il a pris différents chemins dont un chemin commercial. Mais l’image est une telle composante du monde contemporain qu’elle ne s’est pas laissée enfermer dans un seul de ces chemins, celui du divertissement. Il a pris toute sa place dans la prise en compte du changement du monde. A preuve le jalonnement de la prise de conscience des changements climatiques et sociaux. La liste des films serait interminable, je n’en poserais que quelques jalons marquants : An inconvenient truth Al Gore ; Home de Yann Arthus-Bertrand ; Le syndrome du Titanic de Nicolas Hulot.  Autant de films bilan, de films catastrophe, de films d’alerte.

    Et puis, le mouvement de la société va pousser vers d’autres films qui essaient de sortir d’un catastrophisme déprimant, désarmant. Et c’est une autre vague de productions : Solutions locales pour un désordre global de Coline Serreau inaugure cette nouvelle orientation. Elle est contemporaine de nombreuses initiatives comme la volonté de reprendre la question de l’alimentation sur des bases plus saines et plus responsables. Cela pourra prendre la forme d’AMAP qui favorisent l’agriculture paysanne comme celle de Marolles. Du fait de la montée de l’urgence et de la prise de conscience de la nécessité de ne plus attendre, les films de ce nouveau genre se multiplient : Vers Madrid de Sylvain George sur le Madrid de la Puerta del sol ; Comme des lions de Françoise Davisse retraçant 2 années de lutte de l’usine PSA d’Aulnay sous Bois ; Demain de Cyril Dion et de Mélanie Laurent qui font un tour du monde des solutions que de simples citoyens mettent en œuvre dans 5 directions : l’alimentation, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation ; Merci Patron ! de François Ruffin, piège tendu à Bernard Arnault ; En quête de sens de Nathanaël Coste et Marc de la Ménardière.

    Frédéric Lordon désigne ces films de manière provocatrice comme des « films d’action directe ». Je vais me permettre de vous infliger la lecture de quelques lignes de son article dans le Monde Diplomatique : « Le propre des films d’action directe, c’est qu’ils propagent leurs effets bien après leur dernière image. De celui-ci (Merci Patron !), on sort chargé comme une centrale électrique et avec l’envie de tout renverser — puisque, pour la première fois, c’est une envie qui nous apparaît réaliste. Ecrasés que nous étions par la félonie de la droite socialiste, par l’état d’urgence et la nullité des boutiques de la gauche, Merci patron ! nous sort de l’impuissance et nous rebranche directement sur la force. Ça n’est pas un film, c’est un clairon, une possible levée en masse, un phénomène à l’état latent. De cet événement politique potentiel, il faut faire un événement réel. » On sait que les nuits debout sortent directement de ce film et de cet appel de Frédéric Lordon.

    L’effet d’action directe est le même pour Demain qui vient de passer le million de spectateurs. Il y a une volonté de prolonger le film dans des directions d’action concrète. C’est ce qui nous a conduit à notre modeste échelle à la création du collectif 2035 dont on peut percevoir les orientations sur son site que je vous invite à découvrir : collectif2035. Réfléchir ensemble, se retrouver pour comprendre et se positionner par rapport aux grandes questions de l’alimentation, de l’énergie, de l’économie, de la démocratie, de la culture et mettre en œuvre des formes d’action locales, des initiatives d’échange, de collaboration, d’animation. Ces rendez-vous autour du documentaire s’inscrivent dans ce courant.

    Avec En quête de sens, c’est le même mouvement qui conduit en particulier le « héros » du film, Marc de la Ménardière, des rangs d’une multinationale qui transforme l’eau en marchandise capable de conférer à ses acheteurs une certaine distinction sociale, pour aller découvrir un chemin spirituel au fil de ses rencontres à travers le monde avec quelques unes des plus grandes figures contemporaines de la pensée et de l’action remettant en question les bases mêmes de cette société productiviste. Ce en quoi le film veut se distinguer des autres de la même vague, c’est qu’il prétend prendre la question par le biais de ce que Bruce Lipton désigne comme nos « croyances collectives ». Il pose que « le monde tel qu’il est aujourd’hui est (aussi) l’expression de nos croyances collectives. Si nous voulons survivre à cette crise, nous devons changer nos croyances collectives ». Et le chemin sur lequel Marc de la Ménardière est conduit est celui de la nécessité du changement intérieur.

    Un mot pour finir sur la démarche filmique elle même. En quête de sens s’apparente curieusement un docu fiction. C’est sur le fonds une série d’interviews qui ne déparerait pas dans un quelconque magazine télévisé. Mais pour se démarquer et trouver une forme correspondant à leur aventure personnelle, les réalisateurs ont choisi de l’inscrire dans la grande tradition du film initiatique entendant par là être moins aride et désincarnée qu’un montage journalistique. Et ils ont rassemblé tous les éléments (les poncifs) du genre : c’est l’histoire d’un jeune homme dans l’insouciance typique de la jeunesse et de la facilité, il va traverser une épreuve (un accident qui l’immobilise pendant un temps assez long), cette rupture va être l’occasion de découvrir grâce à une amitié d’enfance (donc pure), une autre vision du monde moins futile qu’il ne soupçonnait pas, plus sérieuse, plus forte, il va se mettre en chemin, rencontrer des maîtres et se transformer intérieurement. Bien sûr ces éléments sont modernisés puisque le jeune homme est un jeune cadre dynamique appartenant au monde de la globalisation : homme de communication, il va prendre le chemin … d’une autre communication – non plus celle des produits mais celle de la diffusion de la parole des maîtres : Vandana Shiva, Satish Kumar, Samdong Rinpoché, Pierre Rabhi, des penseurs et des scientifiques : Frédéric Lenoir, Hervé Kempf, Tim Jackson, etc. Son chemin de damas sera celui de la nécessité d’une transformation personnelle dans la recherche de solutions pour traverser la crise actuelle et retrouver du sens.

    J’ai toujours pensé que la forme ne pouvait être indépendante du fonds. Et ce n’est pas une préoccupation de cinéphile, d’esthète. Puisqu’il s’agit d’une révolution, ne soyons pas amnésiques. On en a connu beaucoup au XXème siècle qui faute de vigilance et de rigueur ont produit des monstres. Soyons donc exigeants et attentifs aux formes et aux valeurs culturelles : il y a assez de forces explicitement hostiles à la culture pour ne pas prendre prendre pour quantité négligeable le peu de cas qu’on puisse faire de ces questions de forme, ce qui serait prendre le risque de laisser en germes dans les idéaux les plus bienveillants des zones d’impenser qui finalement conduiraient aux mêmes risques d’étouffement que les mouvements extrémistes explicitement anti-culturels.

    Dans le besoin de retrouver une plénitude humaine qui porte la quête de sens, si contemporaine et si nécessaire, je rajouterais volontiers le souci e cette dimension de création épanouissante que Claire Simon (qui vient d’achever le très beau documentaire sur le Bois de Vincennes « Le bois dont les rêves sont faits ») désigne dans son apologie de la forme du documentaire contre précisément certaines formes un peu éculées de fiction. Répondant à Michel Ciment, dans son émission Projection Privée, elle déclarait que comme cinéaste, sa tâche était de regarder le monde et que cela la conduisait à emprunter les chemins du documentaire parce que c’était une forme plus innovante et plus inventive sur le plan formel que le long métrage de fiction. Je la cite : « Le documentaire est un cinéma du peuple, parce que les gens se voient… il y a une possibilité de compréhension d’une forme extrêmement sophistiquée parce qu’on reconnaît quelque chose qui est vrai. Une fois que les gens ont accepté de s’asseoir dans la salle, ils reconnaissent le monde qu’on leur montre, qui n’est pas toujours un monde qu’ils connaissent, mais ils le reconnaissent par le fait que c’est vrai et du coup, ils ont éventuellement la possibilité de découvrir des formes auxquelles ils ne s’attendaient absolument pas, et des récits et des narrations différentes. » Elle termine sur un petit rire en disant : « Et donc c’est un peu ça le combat. »

  • #381

    Patrick Besenval
    Modérateur

    Sur Reporterre cette semaine, une interview de Cyril Dion. voir l’article dans la catégorie « Demain le film » ou le lire sur le site de Reporterre Cyril Dion à propos de la démocratie

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 ans et 4 mois par  Patrick Besenval.
  • #382

    Patrick Besenval
    Modérateur

    Un contact est pris avec le lycée agricole de La Ferté-Milon pour essayer de monter une projection en direction des élèves qui peuvent être réellement concernés par ces questions de l’agro-écologie.

    • #387

      Viviane Grandmougin
      Participant

      Pour information, ceux qui ne pourrait être présents aux séances de La Ferté Milon, Ciné Rural diffuse le film Demain à Longueil Ste Marie, le mardi 2 Mars 2016, à 19h30, salle Caüer. Longueil Ste Marie est un village entre Verberie et Compiègne… C’est un peu de route, mais c’est au cas où !

  • #390

    Brieuc Segalen
    Modérateur

    Un des côtés intéressant du film, repris aussi dans l’interview, est le changement politique envisagé : le tirage au sort, plutôt que l’élection (analogie avec le jury d’assise). Conceptuellement difficile à mettre en place, mais ça éviterait en partie les problèmes de corruption ou de clientélisme… Au niveau local, ou régional, c’est envisageable. Plus difficile au niveau national. Vivement la VIème république !

  • #392

    Brieuc Segalen
    Modérateur

    Le film a eu le César du meilleur documentaire : Mélanie Laurent et Cyril Dion sont montés ensemble recevoir le prix, Cyril a dit quelques mots, très bien dans l’ensemble. C’est une bonne chose pour le film, et pour la prise de conscience collective.
    Le changement, c’est demain !-)

  • #393

    Patrick Besenval
    Modérateur

    Impossible pour moi d’aller à Longueil, je serai à Paris, si tu y vas Viviane, dis un mot du collectif.

  • #394

    Patrick Besenval
    Modérateur

    J’ai aussi regardé la remise des Césars, ça va encore relancer le film et c’est bien. Il faut vraiment inviter les voisins à y aller. La conscience des enjeux societaux est loin d’être évidente pour tous.

  • #395

    Patrick Besenval
    Modérateur

    j’ai envie de regarder comment par exemple à Paris ont été mises en place institutionnellement des assemblées citoyennes. Pourquoi s’il y a un biais ne pas pousser nos mairies au niveau local à mettre en place des sortes d’assemblées programmatiques tirées au sort qui redonnerait une voix aux citoyens et une source d’inspiration aux élus… en attendant le tirage au sort des représentants au niveau local d’abord puis plus haut.

  • #430

    J’ai diffusé l’info sur différentes pages picardes du réseau Facebook et mis une affiche au gymnase du Lycée Potel où il y a beaucoup de passage.

  • #439

    Brieuc Segalen
    Modérateur

    J’ai reçu aussi de la MJC de Feigneux (dans l’Oise) l’annonce de la diffusion de DEMAIN (le film) le mercredi 30 mars à 19h30.
    Ce pourrait être aussi un relais pour le Collectif ?
    B.

  • #448

    Patrick Besenval
    Modérateur

    Oui, voir si quelqu’un peut y aller.
    La projection du 11 mars à Milon a rassemblé plus de 20 personnes dont la maire. On sera sur le marché dimanche 13 pour appeler à la projection du 15 et faire connaître le collectif.

  • #456

    Patrick Besenval
    Modérateur

    Dernière ligne droite pour ameuter un maximum de monde sur la projection de mardi prochain. J’ai revu encore le film. C’est clair que c’est un bon outil de vulgarisation, de sensibilisation et de mobilisation. Par exemple quelqu’un dans la salle a dit que la vision catastrophiste qui ouvrait chaque chapitre était heureusement tempérée par le développement de solutions. Ce qui est particulièrement frappant, c’est que ça signifie que pour beaucoup l’urgence de la situation n’est pas une donnée évidente. Beaucoup de travail déjà à ce niveau à faire…

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